Le linalol, ce terpène que le nez associe à la lavande

Definition
Le linalol est une molécule de plante bien caractérisée, connue pour son odeur et pour sa présence dans un nombre inhabituellement grand d'espèces végétales. Son emploi établi se situe du côté des matières odorantes et des ingrédients de goût. Sa volatilité à la vapeur d'eau explique un geste très ancien : la distillation des fleurs de lavande.
198 à 199 °C : par où commencer avec le linalol
| Entrée | Ce qu'elle dit, et rien de plus |
|---|---|
| Nom et graphies | Linalol en français, linalool sur les listes d'ingrédients rédigées pour l'international. Une seule molécule derrière les deux orthographes. Le détail compte au moment de rapprocher deux documents techniques : la même donnée peut apparaître sous deux formes écrites et donner l'impression qu'il s'agit de deux composés distincts. Rien ne change dans la chimie, seule l'habitude de rédaction varie d'un document à l'autre. |
| Point d'ébullition | Environ 198 à 199 °C. Une valeur de fiche, obtenue à la pression ordinaire, pour le composé pur. Quand la pression baisse, le chiffre descend avec elle, et c'est de là que viennent la plupart des écarts entre deux fiches qui décrivent pourtant la même molécule. Le mot environ fait partie de la donnée : il annonce une plage, pas un point unique gravé une fois pour toutes. |
| Comportement à la vapeur d'eau | Volatil à la vapeur. Le linalol quitte la matière végétale avec la vapeur d'eau bien avant d'atteindre sa propre température d'ébullition. C'est ce comportement, purement physique, qui rend possible la distillation des fleurs de lavande : l'eau fait le transport, la fleur fournit la molécule, et personne n'a besoin de monter à 199 °C dans la cuve. |
| Tenue à un chauffage doux | Un réchauffement modéré ne le fait pas partir. La donnée s'arrête à cette phrase. Elle décrit une tenue au chauffage doux, sans rien ajouter sur ce qui se produit à température plus élevée ou sur des durées longues. Une limite de ce genre se lit telle quelle, sans extrapolation. |
| Répartition dans le règne végétal | Inhabituellement large. Le linalol se rencontre dans un grand nombre de plantes, y compris dans des familles sans parenté proche. Beaucoup de personnes reconnaissent son odeur sans jamais avoir eu à la nommer, simplement parce que la molécule circule dans des végétaux très différents les uns des autres. |
| Odeur documentée | Décrite, notée et classée depuis longtemps du côté des sciences du parfum et de l'arôme. Une description d'odeur reste une description : elle indique à quoi la molécule ressemble au nez. Elle ne dit jamais combien il y en a dans un flacon précis, ni sous quelle forme elle y est arrivée. |
| Emploi industriel | Matière odorante et ingrédient de goût. C'est son rôle établi, celui qui explique pourquoi son nom apparaît aussi souvent sur des listes d'ingrédients que dans des articles de chimie végétale. Deux mondes, un même composé, deux vocabulaires qui ne se recouvrent qu'en partie. |
| Place dans la littérature citée | Retenu sur une liste courte de terpénoïdes dans la revue de Russo de 2011 [1]. Les motifs avancés sont sa présence très répandue et l'ampleur du travail de caractérisation accumulé par les sciences du parfum et de l'arôme [1]. Depuis cette publication, le dossier est resté ouvert plutôt que refermé [1]. |
| Ce que la fiche ne contient pas | Aucun nom de récepteur. Le système endocannabinoïde, les endocannabinoïdes et les récepteurs CB1 et CB2 forment un inventaire séparé, avec ses propres publications. Un nom de terpène n'arrive jamais avec une case récepteur déjà remplie. |
| Teneur mesurée | Elle ne se déduit d'aucune ligne de ce tableau. Une quantité dans un produit fini sort d'un laboratoire, lot par lot, et se lit sur un certificat d'analyse. Décrire une molécule est un exercice de chimie ; compter des milligrammes dans un flacon est un exercice de mesure. |
La vapeur fait le transport, la fleur fournit la molécule
Une brassée de lavande, une cuve, de la vapeur qui traverse la matière végétale. Le principe tient en une phrase, et il repose entièrement sur un comportement du linalol : sa volatilité à la vapeur d'eau. Sans lui, il faudrait grimper vers 198 à 199 °C pour faire passer la molécule en phase gazeuse, ce qui ne correspond à rien de ce qui se passe dans un alambic.
Volatil à la vapeur : ce que recouvre l'expression
Le point d'ébullition d'un composé décrit le composé seul. Isolé, pur, à la pression ordinaire. Dès qu'on le mélange à de l'eau portée à ébullition, la donnée ne suffit plus à prédire ce qui monte dans la colonne. Le linalol part avec la vapeur, à des températures très inférieures à sa valeur propre, puis se retrouve dans le condensat une fois la vapeur refroidie. La fleur reste dans la cuve. La molécule odorante, non.
C'est aussi pour cette raison qu'un chiffre d'ébullition ne s'écrit jamais tout seul dans un document sérieux. Il vient avec sa condition de pression. Une même molécule, mesurée sous pression réduite, donne une valeur plus basse, et deux fiches techniques peuvent afficher des nombres différents sans qu'aucune ne se trompe. Le mot environ, placé devant 198 à 199 °C, fait exactement ce travail : il rappelle que la mesure dépend de la méthode, de la pureté de l'échantillon et des conditions du laboratoire.
Un chauffage doux ne le chasse pas
La deuxième donnée est courte : le linalol tient au chauffage doux. Rien de plus. Elle ne dit pas ce qui se produit à haute température, ni sur des heures. Là où la fiche s'arrête, la lecture s'arrête aussi. C'est moins spectaculaire qu'une règle générale, mais c'est ce qui est écrit.
Reste une confusion fréquente, et elle n'a rien de technique. Sentir n'est pas mesurer. Le nez repère une note, il ne rend pas un pourcentage. Une odeur reconnaissable dans un espace fermé indique une présence de composés volatils, jamais une teneur. Les descriptions d'odeur du linalol viennent des sciences du parfum et de l'arôme, où ce composé sert de repère depuis des décennies [1] ; les teneurs, elles, viennent d'analyses instrumentales.
Le même raisonnement s'applique à la distribution botanique. Le linalol figure dans un nombre inhabituellement grand de plantes, y compris dans des familles éloignées. Cette largeur explique une part de sa familiarité et une part de son emploi industriel : c'est un composé que les parfumeurs et les aromaticiens connaissent bien, dont le nom circule sur les listes d'ingrédients, et dont le comportement à la vapeur est décrit depuis longtemps. Trois choses distinctes, souvent mélangées dans une même conversation.
En 2011, une liste courte, et le linalol dessus
Une revue de pharmacologie signée Ethan Russo est publiée en 2011. Elle propose que la fraction terpénique des extraits de cannabis soit étudiée de façon systématique, à côté des cannabinoïdes, et non laissée en marge du sujet [1]. C'est une proposition de programme de recherche, formulée dans un journal de pharmacologie, avec le vocabulaire de ce champ.
La deuxième moitié du texte compte autant que la première. Les combinaisons de cannabinoïdes et de terpénoïdes y sont renvoyées à des essais contrôlés, pas à la supposition [1]. Autrement dit : une hypothèse de travail, posée comme telle, et un appel à la vérifier plutôt qu'à la répéter. C'est une nuance que la reprise en ligne efface souvent.
Le linalol figure sur la liste courte des terpénoïdes retenus dans cette revue [1]. Les raisons invoquées sont d'ordre documentaire : sa présence très répandue dans le règne végétal, et le volume de caractérisation produit par les sciences du parfum et de l'arôme depuis des décennies [1]. Il est retenu parce qu'on le connaît bien et qu'on le rencontre partout, ce qui n'est pas la même chose qu'être retenu pour une conclusion déjà établie.
Depuis 2011, la littérature sur le sujet est restée ouverte plutôt que refermée [1]. Un dossier ouvert, en recherche, veut dire qu'il n'y a pas de phrase de synthèse à recopier au bas de la page. C'est une position moins confortable qu'une affirmation nette, et c'est la seule qui corresponde à l'état des publications citées.
Deux vocabulaires cohabitent autour de ce thème sans se confondre. D'un côté, les terpènes : des molécules de plante, avec des formules, des points d'ébullition, des comportements à la vapeur, des descriptions d'odeur. De l'autre, le système endocannabinoïde : les endocannabinoïdes, les récepteurs CB1 et CB2, les enzymes qui les accompagnent, décrits dans une autre série de travaux. Un nom de terpène n'ouvre pas ce second chapitre, et un nom de récepteur n'apparaît pas sur la fiche d'un composé odorant.
Reste la question la plus concrète : qu'est-ce qui se vérifie sur un produit ? Une teneur, et elle se lit lot par lot sur un certificat d'analyse. Chez Cibdol, aucune valeur de terpènes ne s'écrit sans le certificat du lot en cours sous les yeux, et cette règle vaut quel que soit le format. Le passage d'un flacon compte-gouttes à des gélules de CBD change la manière de lire l'étiquette, pas la chimie du composé. Une huile de CBG obéit à la même logique : le nom du produit annonce le cannabinoïde mis en avant, le document de lot renseigne la composition analysée. C'est cette séparation, entre ce qu'un nom annonce et ce qu'une mesure établit, qui rend la lecture d'un terpène tenable.
Ce que Cibdol écrit sur les terpènes, et à quelle condition
| Mention | Ce qu'elle fixe | Où elle se vérifie |
|---|---|---|
| Une teneur en linalol dans un produit fini | Un nombre, valable pour un lot et pas pour une gamme entière | Le certificat d'analyse du lot en cours. Aucune valeur de terpènes n'est publiée par Cibdol sans ce document disponible, ce qui exclut les moyennes reprises d'un lot à l'autre. |
| Une description d'odeur | Un repère sensoriel, formulé avec des mots | La littérature du parfum et de l'arôme, où le linalol est caractérisé depuis des décennies [1]. Un repère de ce type ne se convertit pas en pourcentage. |
| Le point d'ébullition, environ 198 à 199 °C | Le passage du liquide à la vapeur, pour le composé pur | Une fiche physico-chimique, où la valeur est accompagnée de sa condition de pression. Sans cette condition, le nombre reste incomplet. |
| La volatilité à la vapeur d'eau | La raison technique pour laquelle les fleurs de lavande se distillent | La même famille de fiches. C'est une donnée de comportement physique, indépendante de toute formulation. |
| La graphie linalool sur une liste d'ingrédients | La présence déclarée d'un composé odorant dans une formule | La liste des ingrédients du produit concerné, telle qu'elle est imprimée sur l'emballage ou l'étiquette. |
| Un format en gélules de CBD | Le nombre de milligrammes imprimé porte sur le cannabinoïde annoncé, pas sur la fraction odorante | L'étiquette pour le chiffre déclaré, le certificat de lot pour la composition analysée. Deux documents, deux fonctions. |
| Une huile de CBG, seule ou associée au CBD | Le cannabinoïde que le nom du produit met en avant | Étiquette et certificat de lot, exactement comme pour les autres formats. Le nom commercial ne remplace ni l'un ni l'autre. |
| Le nom d'un procédé, par exemple l'extraction au CO2 supercritique | Une étape de fabrication, décrite par son intitulé | La documentation de production. Un nom de procédé ne tient pas lieu de valeur mesurée sur un composé donné. |
| Le vocabulaire du système endocannabinoïde | Récepteurs CB1 et CB2, endocannabinoïdes, enzymes associées | Les publications de pharmacologie qui portent sur ce sujet. Un chapitre distinct de la chimie des terpènes, avec ses propres méthodes. |
| La revue de 2011 [1] | Une proposition de recherche et une liste courte de terpénoïdes | Le texte lui-même, dans un journal de pharmacologie. Ce n'est pas un rapport de lot et cela ne renseigne aucune composition de flacon. |
Questions fréquentes
4 questionsPourquoi la même molécule se retrouve-t-elle dans des plantes sans lien de parenté ?
Un chauffage doux fait-il disparaître le linalol d'un mélange ?
Linalol et linalool désignent-ils la même chose sur un emballage ?
La revue de 2011 permet-elle de conclure quelque chose sur le linalol ?
À propos de cet article
Luke Sholl écrit sur les cannabinoïdes, le CBD et, plus largement, les bienfaits de la nature depuis 2011. Son parcours comprend une expérience directe de la culture du cannabis, de la graine à la récolte, en terre, sur
Cet article wiki a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par Luke Sholl, Rédacteur spécialisé dans le CBD et le bien-être. Supervision éditoriale par Joshua Askew.
Avertissement médical. Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié avant d'utiliser toute substance.
Dernière relecture le 26 août 2026
Références (1)
- [1]Russo (2011). Taming THC: potential cannabis synergy and phytocannabinoid-terpenoid entourage effects. DOI: https://doi.org/10.1111/j.1476-5381.2011.01238.x
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