Les flavones, ces flavonoïdes des herbes et des fleurs

Definition
Les flavones forment une sous-classe des flavonoïdes, bâtie sur une charpente de quinze carbones et trois cycles. Leur signature tient à trois détails : une double liaison et une cétone en position 4 sur le cycle C, un cycle B accroché en position 2, et la position 3 laissée libre. L'apigénine et la lutéoline sont les deux exemples que la littérature cite en premier [1].
Une poignée de camomille sur le plan de travail
Ce que voit un insecte devant une fleur claire
Un sachet de camomille ouvert, des pétales blanc cassé, un cœur jaune très pâle. Rien qui saute aux yeux. C'est pourtant là que se trouve une partie des flavonoïdes de la plante. Le pigment est pâle, et le travail qu'il assure pour le végétal n'a rien de décoratif [1]. La nuance compte : ce que nos yeux perçoivent de cette couleur reste subtil, alors que pour un insecte la même contribution l'est beaucoup moins [1]. Autrement dit, la discrétion visuelle n'est pas un indice de faible importance botanique. Et dans la classification des flavonoïdes, les flavones occupent une position bien à elles [1].
Quinze carbones, trois cycles, une position laissée libre
Le mot flavone désigne d'abord une charpente. Quinze carbones, la base commune des flavonoïdes, organisés en trois cycles. Sur le cycle C, deux repères : une double liaison et une cétone en position 4. Le cycle B, lui, est rattaché en position 2. Quant à la position 3, elle reste vide, sans substituant. Quatre observations, pas une de plus, et le squelette flavone est identifié. Une simple note de vocabulaire, un seul point à retenir, et le reste se déduit. Ce vocabulaire mérite d'ailleurs d'être appris dans cet ordre : le squelette flavone d'abord, ensuite l'arbre généalogique de la famille devient lisible [1].
Apigénine et lutéoline, les deux noms qui reviennent
Ouvrez n'importe quel chapitre consacré aux flavones et deux noms arrivent en tête : l'apigénine et la lutéoline [1]. Ce sont les exemples de manuel, ceux qui servent de référence quand il s'agit de montrer à quoi ressemble un flavone sans complication supplémentaire. Les deux répondent à la même description. Cycle B en position 2. Cétone en position 4. Position 3 libre. Rien de greffé sur ce troisième carbone, aucune chaîne latérale ajoutée à la charpente. On les rencontre du côté des herbes et des fleurs de jardin, ce qui explique pourquoi la sous-classe est le plus souvent présentée par ce couple plutôt que par une molécule rare. Le duo joue donc un rôle simple : il fixe l'image de départ.
- Apigénine : citée comme flavone de référence dans les revues de synthèse consacrées aux flavonoïdes [1].
- Lutéoline : le second exemple standard, même charpente, même position 3 sans substituant [1].
- Position 3 : laissée libre, c'est la signature qui sépare un flavone de la sous-classe voisine.
- Cycle C : la double liaison et la cétone en position 4 restent les deux repères à vérifier.
- Cadre de présentation : les plantes aromatiques et les fleurs du jardin, un terrain familier plutôt qu'exotique.
- Ce que le duo ne montre pas : aucun groupe supplémentaire accroché sur la structure de base.
Les cannflavines, un flavone prénylé du chanvre
Le chanvre a ses propres flavones, et elles portent un nom à part : les cannflavines. La charpente est bien celle d'un flavone, avec le cycle B accroché en position 2 et la cétone en position 4, mais s'y ajoutent des chaînes latérales prényle [2]. C'est exactement ce qui les sépare de l'apigénine et de la lutéoline des plantes aromatiques : un flavone prénylé d'un côté, un flavone nu de l'autre [2]. Dans la littérature consacrée aux constituants du cannabis, les cannflavines sont citées à propos de l'effet d'entourage, une formulation qui décrit les composés de la plante considérés en groupe plutôt qu'un par un [2]. Reste une inconnue : leur présence en dehors du chanvre n'est pas tranchée [1]. Dans un extrait à spectre complet, elles cohabitent avec les cannabinoïdes et les terpènes, trois familles chimiques comptées séparément.
- Structure : cycle B en position 2, cétone en position 4, charpente flavone au complet [2].
- Détail ajouté : des chaînes prényle greffées sur cette charpente, absentes des flavones de manuel [2].
- Famille d'appartenance : les flavones, malgré cette chaîne latérale supplémentaire [2].
- Répartition botanique : hors du chanvre, la question reste posée [1].
- Voisinage : cannabinoïdes et terpènes forment des familles distinctes dans le même extrait.
- Comparaison utile : apigénine et lutéoline comme point de départ, la cannflavine comme variante prénylée [2].
Lire l'arbre des flavonoïdes dans le bon ordre
- Commencer par le composé parent : le flavone sert de point de repère, et les autres définitions de la famille se déduisent de lui [1].
- Compter les carbones : quinze, répartis en trois cycles, c'est le cadre commun à l'ensemble des flavonoïdes, quelle que soit la sous-classe.
- Examiner le cycle C : une double liaison et une cétone en position 4, et la charpente flavone est confirmée.
- Localiser le cycle B : accroché en position 2, sur le cycle central, il confirme que la lecture est bien celle d'un flavone.
- Contrôler la position 3 : sans substituant, la molécule reste un flavone ; avec un groupe hydroxyle, elle devient un flavonol.
- Faire glisser le cycle B de la position 2 vers la position 3 : la sous-classe change et l'on obtient un isoflavone.
- Chercher les chaînes latérales : des groupes prényle sur une charpente flavone orientent vers les cannflavines du chanvre [2].
- Retenir la règle de nommage : l'étiquette de la sous-classe vient du composé parent, pas de la plante où on l'a trouvé [1].
- Ne pas mélanger les vocabulaires : un nom de flavonoïde ne dit rien des récepteurs CB1 et CB2, qui relèvent d'un autre chapitre.
- Refaire le parcours dans le même ordre pour chaque nouveau nom rencontré : squelette, cycle C, position 3, chaînes latérales.
D'une sous-classe à l'autre, ce qui bouge dans la structure
| Sous-classe | Cycle C | Position 3 | Accroche du cycle B | Noms cités |
|---|---|---|---|---|
| Flavone | Une double liaison et une cétone en position 4, c'est la description de base | Libre, aucun substituant greffé sur ce carbone | Position 2, sur le cycle central | Apigénine et lutéoline, données comme exemples de manuel [1] |
| Flavonol | Le même cycle C que le flavone, avec sa double liaison et sa cétone | Occupée par un groupe hydroxyle, et la molécule change de sous-classe | Position 2, sans changement par rapport au flavone | Quercétine et kaempférol, les deux flavonols les plus souvent cités |
| Isoflavone | Cycle C de type flavone, cétone en position 4 | Occupée par le cycle B, qui vient s'y accrocher | Position 3 au lieu de la position 2, un seul cran de décalage | Sous-classe entière définie par ce déplacement de cycle |
| Cannflavine | Cétone en position 4, charpente flavone au complet [2] | Charpente de flavone conservée, sans hydroxyle en cause ici | Position 2, comme chez les flavones des plantes aromatiques | Cannflavines du chanvre, reconnaissables à leurs chaînes latérales prényle [2] |
| Flavonoïdes | Quinze carbones répartis en trois cycles, base commune à toute la famille | Variable selon la sous-classe considérée | Variable, position 2 ou position 3 selon les cas | Famille large, dans laquelle les flavones tiennent une position bien à elles [1] |
Le lexique qui entoure le sujet
| Terme | Ce qu'il désigne | Où il se lit |
|---|---|---|
| Flavonoïde | Famille de composés végétaux construits sur quinze carbones, dont les flavones forment une sous-classe repérable à quatre détails de structure [1] | Manuels de chimie végétale et revues de synthèse |
| Terpènes | Fraction aromatique du chanvre, comptée à part des flavonoïdes lorsqu'une composition est détaillée famille par famille | Rapports d'analyse et fiches techniques de terpènes |
| Effet d'entourage | Formulation employée pour décrire les composés du cannabis considérés en groupe plutôt qu'un par un, contexte dans lequel les cannflavines sont citées [2] | Littérature sur les constituants du cannabis |
| Système endocannabinoïde | Ensemble décrit autour des récepteurs CB1 et CB2, avec son propre vocabulaire, distinct de celui des pigments végétaux | Publications de pharmacologie |
| Extraction au CO2 supercritique | Procédé de séparation cité pour les extraits de plantes, sans lien avec la nomenclature des sous-classes de flavonoïdes | Descriptifs de procédé et documentation de fabrication |
| Spectre complet | Extrait qui conserve plusieurs familles de composés du chanvre dans un même concentré, cannabinoïdes compris | Étiquettes et certificats d'analyse de lot |
| Gélules de CBD et huile CBG | Formats finis dont la composition se lit ligne par ligne, sans que le nom du format modifie la chimie décrite plus haut | Emballage, liste des ingrédients, certificat du lot |
Questions fréquentes
3 questionsLe déplacement du cycle B suffit-il à changer de sous-classe ?
Une cannflavine se lit-elle comme une apigénine ?
Pourquoi la position 3 revient-elle sans arrêt dans ce classement ?
À propos de cet article
Luke Sholl écrit sur les cannabinoïdes, le CBD et, plus largement, les bienfaits de la nature depuis 2011. Son parcours comprend une expérience directe de la culture du cannabis, de la graine à la récolte, en terre, sur
Cet article wiki a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par Luke Sholl, Rédacteur spécialisé dans le CBD et le bien-être. Supervision éditoriale par Joshua Askew.
Avertissement médical. Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié avant d'utiliser toute substance.
Dernière relecture le 27 août 2026
Références (2)
- [1]Panche, A.N., Diwan, A.D. and Chandra, S.R. (2016). Flavonoids: an overview. DOI: https://doi.org/10.1017/jns.2016.41
- [2]ElSohly, M.A. and Slade, D. (2005). Chemical constituents of marijuana: the complex mixture of natural cannabinoids. DOI: https://doi.org/10.1016/j.lfs.2005.09.011
Articles liés

Valencène : le sesquiterpène expliqué par sa formule
Quinze carbones, une formule brute, une famille chimique : voilà ce qui définit le valencène. Le reste, y compris son rôle éventuel aux côtés des cannabinoïdes, relève d'une question de recherche encore ouverte [1].

Le terpinéol, un terpène à l'odeur de lilas
Un nom court, quatre isomères, une note florale et une température qui varie selon les sources. Voici ce que consigne exactement une entrée consacrée au terpinéol.

Le sabinène, un terpène en C10H16
Famille chimique, formule brute, masse molaire, point d'ébullition : les quatre repères qui situent le sabinène parmi les terpènes du chanvre et d'ailleurs.

Le phytol : l'alcool diterpénique venu de la chlorophylle
Origine, formule et classement d'une molécule libérée par la dégradation de la chlorophylle. Avec la donnée d'ébullition et la condition de mesure qui l'accompagne.

Ocimène : un monoterpène acyclique dans la fraction volatile
Famille chimique, description olfactive, repère de volatilité : les données de base de l'ocimène. Et la place exacte de ce terpène dans la fraction volatile du chanvre.

Le guaiol : quinze carbones et une note boisée
Famille chimique, structure, arôme, températures d'ébullition : les quatre données qui situent le guaiol, lues une à une, avec les conditions qui accompagnent chaque chiffre.

Géraniol : la chimie d'un terpène présent dans le chanvre
Un monoterpène, un groupe hydroxyle, un chiffre de température lu avec sa pression. Voilà ce que le nom géraniol recouvre, et voilà où s'arrête la donnée disponible.

Farnésène : quinze carbones, plusieurs molécules
Le farnésène est un sesquiterpène de formule C15H24, un hydrocarbure sans oxygène. Derrière ce nom unique se rangent plusieurs isomères, une note de pomme verte sur bois et une ébullition voisine de 250 °C.

Eucalyptol : le terpène qui répond à deux noms
Eucalyptol et 1,8-cinéole nomment la même molécule. Un terpène volatil, dont le point d'ébullition tourne autour de 176 °C à pression atmosphérique ordinaire.



















