Combien de temps peut on rester sans dormir selon la science

Definition
Les cas répertoriés et les études scientifiques permettent d'examiner le maintien de l'éveil prolongé et l'accumulation des déficits cognitifs.
Lorsqu'il s'agit de savoir combien de temps peut on rester sans dormir, la science dispose de cas documentés et de mesures en laboratoire plutôt que d'une limite fixe de survie. Les observations accumulées au fil des décennies décrivent des modifications cognitives et sensorielles qui progressent à mesure que les heures de veille s'additionnent, depuis les baisses de vigilance mesurables au cours des premières vingt-quatre heures jusqu'aux perturbations perceptives profondes relevées lors des veilles exceptionnelles.
Le cas de 1964 et les limites du suivi des records
En 1964, un étudiant californien, Randy Gardner, est resté éveillé pendant 264 heures, soit 11 jours, observé par des chercheurs durant sa tentative, un record dépassé deux semaines plus tard selon Guinness World Records, tandis qu'une revue systématique de 2018 mentionne un cas en laboratoire de 264 heures rapporté en 1965 comme la plus longue durée parmi 21 études incluses. [2][1] Selon le récit de Guinness World Records pour ce cas de 1964, le chercheur William Dement a noté que les capacités analytiques, la perception, la motivation, la mémoire et le contrôle moteur de Gardner étaient altérés à des degrés divers, tandis que John Ross, qui l'a observé plus tôt, rapportait des hallucinations, des idées délirantes et une durée d'attention extrêmement courte dès le quatrième jour. [2]
Guinness World Records ne suit plus le record de la plus longue période sans dormir en raison des dangers inhérents à la privation de repos, et mentionne Robert McDonald comme dernier détenteur officiel avec 453 heures et 40 minutes en 1986, sans qu'aucun dépassement ne soit connu depuis. [2] Chaque tentative prolongée s'accompagne d'une réserve relative aux micro-sommeils, que Guinness World Records cite parmi les raisons de l'arrêt du suivi en raison d'accès de sommeil de quelques secondes impossibles à mesurer sans enregistrement physiologique continu, Dement ayant admis plus tard que Gardner en avait probablement traversé malgré une surveillance constante, tandis qu'une revue narrative de 2025 les décrit comme de courtes intrusions du sommeil dans l'éveil négligées par la classification clinique standard et associées à des baisses d'attention. [2][3]
Les observations historiques sur plusieurs journées d'éveil
Les auteurs d'une revue systématique de 2018 expliquent que les expériences de plus de deux nuits sans dormir, populaires durant la première moitié du vingtième siècle, ne sont plus menées car jugées contraires à l'éthique et interdites par la loi dans la plupart des pays, ce qui les a conduits à réexaminer 21 études historiques portant sur des personnes en bonne santé et décrivant des effets perceptifs et psychologiques s'étendant de 24 heures à 11 nuits. [1]

Dans cette revue, où toutes les études sauf une ont rapporté des altérations perceptives, les modifications sont apparues dans un ordre quasi constant, avec des distorsions perceptives, de l'anxiété, de l'irritabilité, une dépersonnalisation et une désorientation temporelle entre 24 et 48 heures, suivies d'hallucinations complexes et de pensée désordonnée entre 48 et 90 heures, puis de délires après 72 heures, les manifestations visuelles étant les plus régulières, suivies par les sensations corporelles et l'audition. [1]
Les altérations mesurées dès la première journée
Les répercussions du manque de repos surviennent bien avant les durées extrêmes. Dans une étude portant sur 39 personnes, dont 30 issues du secteur des transports et 9 de l'armée, testées sur 28 heures sans dormir et séparément après absorption d'alcool, les performances à certains tests après 17 à 19 heures d'éveil étaient équivalentes ou inférieures à celles mesurées pour une alcoolémie de 0,05 %, avec des vitesses de réponse ralenties jusqu'à 50 %, avant d'atteindre après des durées plus longues des niveaux comparables à la dose d'alcool la plus élevée, soit environ 0,1 %. [4]
Une méta-analyse de 70 articles regroupant 147 tests cognitifs, tous consacrés à une privation totale inférieure à 48 heures, a mis en évidence des effets allant de faibles et non significatifs pour la précision du raisonnement à importants pour les défaillances d'attention simple, le temps d'éveil constituant le seul modérateur prédictif significatif des différences entre études, uniquement pour les mesures de précision. [5] Dans une étude en laboratoire sur 48 adultes en bonne santé âgés de 21 à 38 ans comparant 14 jours de sommeil restreint et 3 nuits sans aucun sommeil, les baisses de vigilance ont augmenté de manière quasi linéaire avec le temps d'éveil cumulé au-delà d'environ 15,84 heures, tandis que 3 nuits sans dormir ont provoqué des réactions démesurées par rapport à la perte subie, l'évaluation subjective de la somnolence ne progressant que faiblement après les premiers jours dans les groupes restreints, ce qui traduisait selon les auteurs une faible conscience des déficits cumulés. [6]
La récupération et la nature des données documentées
Une période de sommeil habituel a permis la disparition des manifestations dans de nombreux cas analysés sans que cela ne concerne l'ensemble des participants, certains conservant des effets durant des jours ou des semaines après la fin de l'étude, sur des suivis allant de 1 jour à 6 mois, les auteurs jugeant les données insuffisantes pour chiffrer le volume de récupération nécessaire. [1]
Chaque durée mentionnée ici correspond à une observation chez une personne ou dans un groupe d'étude, sans constituer une limite biologique, un seuil de sécurité ou un objectif à atteindre.
Questions fréquentes
8 questionsQuel est le record officiel de temps passé sans dormir ?
Que s'est-il passé lors de l'expérience de Randy Gardner en 1964 ?
Pourquoi les records de veille prolongée sont-ils difficiles à certifier ?
Pourquoi les scientifiques ne mènent-ils plus d'expériences de privation de plusieurs jours ?
Quels changements psychologiques apparaissent après 24 à 48 heures sans repos ?
À partir de combien d'heures d'éveil continu observe-t-on des délires ?
Quels sont les effets de 17 à 19 heures passées sans dormir ?
Une nuit de repos ordinaire efface-t-elle immédiatement tous les effets du manque de sommeil ?
À propos de cet article
Luke Sholl écrit sur les cannabinoïdes, le CBD et, plus largement, les bienfaits de la nature depuis 2011. Son parcours comprend une expérience directe de la culture du cannabis, de la graine à la récolte, en terre, sur
Cet article wiki a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par Luke Sholl, Rédacteur spécialisé dans le CBD et le bien-être. Supervision éditoriale par Joshua Askew.
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Références (6)
- [1]Waters F, Chiu V, Atkinson A, Blom JD. Severe sleep deprivation causes hallucinations and a gradual progression toward psychosis with increasing time awake. Frontiers in Psychiatry 2018;9:303. doi:10.3389/fpsyt.2018.00303, PMID 30042701, PMCID PMC6048360 Source
- [2]Atwal S. What's the limit to how long a human can stay awake? And why we don't monitor the record. Guinness World Records, published 17 January 2023 Source
- [3]Davin A, Tamisier R, Barateau L, Peter-Derex L, Dauvilliers Y, Pépin JL, Baillieul S. Shedding light on microsleep episodes for comprehensive sleepiness assessment: a narrative review. Sleep Medicine Reviews 2025;82:102113. doi:10.1016/j.smrv.2025.102113, PMID 40482398 Source
- [4]Williamson AM, Feyer AM. Moderate sleep deprivation produces impairments in cognitive and motor performance equivalent to legally prescribed levels of alcohol intoxication. Occupational and Environmental Medicine 2000;57(10):649-655. doi:10.1136/oem.57.10.649, PMID 10984335 Source
- [5]Lim J, Dinges DF. A meta-analysis of the impact of short-term sleep deprivation on cognitive variables. Psychological Bulletin 2010;136(3):375-389. doi:10.1037/a0018883, PMID 20438143 Source
- [6]Van Dongen HPA, Maislin G, Mullington JM, Dinges DF. The cumulative cost of additional wakefulness: dose-response effects on neurobehavioral functions and sleep physiology from chronic sleep restriction and total sleep deprivation. Sleep 2003;26(2):117-126. doi:10.1093/sleep/26.2.117, PMID 12683469 Source
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